lundi 19 janvier 2026

L' histoire des écoles de Dinan. Sommaire

L'histoire des écoles de Dinan aux XIXe et XXe siècles n'était pas très bien connue. Pourtant elle offre une richesse particulière car la ville a depuis longtemps été le lieu de nombreuses initiatives remarquables sur le plan de l'éducation des jeunes enfants. Initiatives privées ou municipales, religieuses ou laïques, éphémères ou durables mais toutes ont contribué au rayonnement de la cité.

Ce récit est l'aboutissement d'une quinzaine d'années de recherches aux archives municipales, départementales et dans les écoles, et aussi d'une actualisation constante. Il est aussi le fruit d'un patient collectage au fur et à mesure de nombreuses rencontres qui en font le dépositaire d'une mémoire vivante. Il offre un panorama complet des écoles de Dinan à travers les siècles. De nombreuses écoles ont disparu depuis peu ou il y a longtemps, d'autres sont inconnues, certaines toujours bien actives : vous connaîtrez leur histoire. En reconstituant le puzzle des écoles primaires de Dinan, cette histoire cherche à rendre visible la mémoire collective qui nourrit la vie de la cité.

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Les écoles de Dinan

Cliquer sur le lien pour accéder à l'histoire de chaque école

 
1794-1833 Les premières écoles de Dinan, ici
1803-1977 L’École annexée au collège des Cordeliers, ici
1823-1935 L’École des Ursulines, La Victoire, ici
1827 Les pensionnats (Desguez, Pension anglaise etc.), ici
1833-1866  L’École mutuelle. M. Leyder, ici
1833-1903 L’École des Frères la Mennais, ici
1833-1907 L’École des soeurs de la Sagesse, ici
1833-1965 L’École annexée au collège des garçons, ici
1833-1960 L'École primaire supérieure annexée au collège des garçons et le C.E.G Honoré-le-Dû, ici
1852 L’École de la Garaye, ici
1866-1999 L’École des garçons (en 1913 nouveau bâtiment nommé École Honoré le Dû en  1937), ici
1877 Les salésiens, l’École de rééducation, l’I.M.E, ici
1905-1981 L’École Duguesclin, ici
1905-1996  L’École Chauffepieds, ici
1906-1908, L’École Notre-Dame-de-Lourdes, rue de La Garaye, ici 
1907 L’École du Sacré-Cœur, ici
1909-1999 L’École primaire annexée au Collège des filles (puis école Broussais), ici
1914-1999 L'histoire complète du Collège de Filles, rue Broussais, ici
1954 L’École des Fontaines, ici
1966 L’École du Clos-Joli, ici
1971-1996 L’École de La Source, ici
1973-1996 L’École de La Bretonnière, ici
1996-2009 L'Ecole Yvonne Jean-Haffen, ici
1976 L’École de La Ruche, ici
1977 L’École Sainte-Croix, ici
2000 L’École Diwan, ici
 

Des articles thématiques sur les écoles de Dinan.

Des militaires dans les écoles de Dinan. 1887-1891, ici
Une crèche pour des écoliers de Dinan pendant la Guerre 14-18, ici 
Les écoles de Dinan en première ligne en 14-18, ici
La création de la cantine des écoles de Dinan, ici
Les actions pour valoriser le patrimoine des écoles de Dinan, ici 
Les Fêtes de la Jeunesse des écoles publiques de Dinan, ici

Des portraits, des notices biographiques 

Des Résistants, des Déportés  :
Marie-Reine Blanchard, école La Garaye, ici (article décembre 2024)
Marie Talet, ancienne directrice de l'école Broussais, ici (nouvelles photos en janvier et mars 2025)
Pierre-André Quélen, école Honoré-le-Dû, ici
Hyacinthe Merrien, école Honoré-le-Dû, ici
Yves Briand, école Honoré-le-Dû, ici
Francis Hervy, école Honoré-le-Dû, Résistant, ici 
Sylvain Loguillard, 1958, directeur, homme politique, ici 
Augustin Le Guen, il enseignait à l'école de Quévert, pas à Dinan, mais son histoire mérite d'être mieux connue, ici
 
Enseignantes persécutées par les mesures antisémites
Les 3 soeurs Eskenazi (Jeannine Koskas, née Eskenazi ; Paulette Eskenazi ; Micheline Chapron, née Eskenazi ici (article en 2025)
Documents d'archives sur les soeurs Eskenazi en 1942, ici
 
Des enseignants de l'école des garçons (Honoré-le-Dû) de Dinan
Honoré le Dû, 1885, directeur, ici
Jules Herbert, 1887, instituteur, ici
Jean Rouxel, 1890, instituteur, ici (article août 2025)
François Bois, 1900, instituteur, ici
Alexis Tardivel, 1904, instituteur, ici (article juillet 2025)
Jean-Baptiste Villeneuve, 1904, instituteur, ici (article octobre 2025)
Victor Théault, 1905, instituteur, ici (article juillet 2025)
Pierre Pillon, 1907, instituteur, ici
Pierre Bellebon, 1913, instituteur, ici
Joseph Huet, 1919, ici (article juin et décembre 2025)
Marie-Ange Tréguy, 1927, ici
André Raoult, 1929-1937, directeur, ici
Victorine Raoult, 1929-1931, ici  (article juin 2025)
Adrien Roptin, 1932-1959, ici (article janvier 2026)
François Cario, 1937-1944, directeur, ici (article juillet 2025)
Marie Cario, 1940-1941, ici (article juillet 2025)
Eugène Lefeuvre, 1939-1944, ici (article juillet 2025)
François Le Meur, 1945, directeur, peintre (Franck Le Meur), ici
Thierry Bouin, 1993, directeur, ici 
 
Biographies de tous les instituteurs de l'école Honoré-le-Dû de 1866 à 1999, ici
Liste de toutes les enseignantes de l'école de La Garaye, ici
Biographies de toutes les institutrices de l'école Chauffepieds de 1905 à 1971, ici
 
Galerie de portraits de personnalités liées aux écoles de Dinan
Jean-Marie de La Mennais,  Isidor Leyder, Pierre Pillon, Cécile Convèze, Félicité Chédemail, François Delhommeau, Mère Marie de Saint-Julien, René Benoit, Eugène Doublet, ici (article août 2025)
 
Ecole mutuelle de Dinan 1833
Isidor Leyder, directeur de l'école, 1833-1866, ici (article août 2025)
 
A l’École Primaire Supérieure Dinan
Jean Urvoy, ancien instituteur et peintre, ici
 
Au collège des Garçons de Dinan
François-Marie Luzel, instituteur et écrivain 1848, ici
Léon Lehuby, instituteur, 1903-1937, ici (article juillet 2025)
 
A l'école de La Garaye de Dinan
Eugénie Théault, née Relandeau, 1905-1906, cliquer ici (article août 2025)
Emma Moisan, née Guyomard, primaire 1907-1936, ici (article Juillet 2025)
Marie Dagorne, directrice et rue Marie Dagorne à Dinan ici
Joséphine Huet, née Glon, 1920-1946, ici  (article décembre 2025)
Anna Frélicot, directrice 1933-1946, cliquer ici (article août 2025)
Thérèse Bertault, années 50, ici (article janvier 2025)
Marie-Reine Blanchard, maternelle 1924, ici (article janvier 2025)
Marie Cario, 1937-1940, ici (article juillet 2025)
Marie Lefèvre, née Fleury, 1910-1936, ici (article de décembre 2024)
Jeannine Koskas, née Eskenazi, ici (article de décembre 2024)
Marie-Françoise Pillon, institutrice, ici
Marie-France Treize, directrice, ici 
Maryvonne Durand, 1977-2003, ici
Sont regroupées dans le même article avec des photos : Cécile Convèze, Félicité Chédemail,  Léonie Leclerc'h, Mme Hervé, Anna Frélicot, Louise Cholet, Mme Simon, Mme Fouyer, Mme Yvergniaux, Mlle Lecorguillé, Jeannine Koskas, ici
 
A l'école Chauffepieds de Dinan
Marie Morin, directrice, 1902-1921, ici (août 2025)
Augustine Carpier, née Campion, 1905, ici (Juin 2025
Marie-Françoise Bellebon, institutrice, 1913, ici (Janvier 2024)
Marie-Françoise Pillon, institutrice, ici
Louise Drouot, directrice de 1934 à 1945, ici (Janvier 2024)
Lucienne Coadou, directrice 1945-1958, ici (août 2025)
 
A l'école de La Bretonnière de Dinan
Christiane Nennot, directrice, ici
 
A l'école des Fontaines de Dinan
Marie-Ange Clavier, directeur, ici (Septembre 2023)
Thérèse Bertault, 1956-1965, ici (article janvier 2025)
 
A l'école de rééducation (I.M.E Beaumanoir) à Dinan
Marie-Ange Tréguy, directeur, ici (septembre 2023)
Jeanne Blais, institutrice de 1938-1948, ici (article décembre 2024)
 
A l'école Broussais
Augusta Vidal, directrice du collège et de l'école Primaire (1933 à 1953), ici, (novembre 2023)
Jeanne Menard, classe enfantine (1921 à 1952), ici (édité en novembre 2023)
Madeleine Hesry, née Olivier (1947 à ?), ici (édité en décembre 2023)
 
Liste des instituteurs engagés sur des listes aux élections municipales à Dinan, ici
 
Les instituteurs de Dinan, pionniers du syndicalisme enseignant, ici
 
Liste des instituteurs des écoles publiques de Dinan 1910-1940, ici
 
Des artistes en lien avec les écoles de Dinan :
René Paraire (1919-1987), cliquer ici
René-Théophile Eschapasse (1934, au collège de Dinan), (Article complété en 2025), cliquer ici
Un artiste ayant représenté les écoles de Dinan :
Léon Hamonet, cliquer ici
 
Supplément : Louis Lemarchand (il n'a pas dessiné ou peint les écoles mais ses publication dans Ouest-Eclair et Ouest-France de 1942 à 1955 méritent d'être mieux connues car elles parlent du Dinan d'autrefois), cliquer ici 
 
Un instituteur à découvrir, dans le Trégor...
Marcel Le Toiser (1907-1982), instituteur, peintre, autonomiste breton, cliquer ici

Des liens pour retrouver des documents sur les écoles de Dinan.

Livre de classe imprimé à Dinan en 1828, publication en format PDF, cliquer ici

Des plans de l'école de La Garaye en 1884, cliquer ici (article de janvier 2026)
 
Cahier du comité de patronage de l'école de la Garaye (1855-1903), transcription éditée en format PDF, cliquer ici

Lien pour consulter la liste de tous les élèves des écoles de Dinan en 1884-1885, cliquer ici

Lien pour découvrir l'histoire de Pierre Pillon, instituteur à l'école des garçons et tué au combat en 1917, cliquer ici
 
 
Bonus
Quelques photos d'écoles, rapportées de voyages dans différents pays du monde, cliquer ici
 
Pour en savoir plus
 
Les écoles de Dinan ont une longue histoire, qu'il fallait éclairer. Depuis 2007, j'ai collecté de très nombreux renseignements sur ce sujet. Il m'a toujours semblé nécessaire de les partager, d'où, en 2008, l'édition d'un livre sur l'école de la Garaye, d'un blog (cliquer ici ) et de différents articles dans la presse locale...
 
Dans la publication Le Pays de Dinan 2015, un article de 45 pages présente l'histoire des écoles de Dinan aux 19ème et 20ème siècles (photos ci-dessous). 
 

Le Pays de Dinan 2015, couverture

 
Ne manquez pas de faire l'acquisition de cet ouvrage en vente à la bibliothèque de Dinan et dans les librairies. 
Lien pour obtenir le détail de l'ouvrage et le bulletin de commande 
Cet article vous donnera le fil conducteur et en complément, vous aurez dans ce blog des centaines de documents pour enrichir votre lecture.

Si vous préférez la lecture complète de cette histoire des écoles sur papier, vous pouvez vous plonger dans le livre de plus de 100 pages que j'ai écrit en 2016 (version actualisée chaque année), et publié en quelques exemplaires (un livre rare!).
 
Cet ouvrage est consultable à la bibliothèque de Dinan, aux Archives Départementales des Côtes-d'Armor et à la bibliothèque André Malraux à Saint-Brieuc.
Vous pouvez aussi consulter le livre LES ECOLES PRIMAIRES DE DINAN en ligne en cliquant ICI
 
Si vous souhaitez en faire l'acquisition, il m'en reste deux exemplaires. Contactez-moi si ça vous intéresse, cet ouvrage rare est au prix de cinquantaine d'euros.




A noter aussi que du 1er février au 30 avril 2016, un public nombreux a pu visiter, à la bibliothèque municipale, l'exposition "Construire et Eduquer : les écoles primaires de Dinan".


Au sommaire du blog :

Une fiche de présentation de chaque école.
Des liens pour accéder à des centaines de documents d’archives (archives municipales et départementales, archives personnelles, archives des écoles, plans, articles de presse, photographies, publication des résultats au Certificat d’études…)
Une base de données avec des listes d'enseignants, pour plusieurs écoles. Les nommer c'est une forme d'hommage rendu à toutes ces personnes. Vous y retrouverez certainement ceux et celles qui vous ont marqué. 
Des biographies inédites.
Des documents sur des sujets en rapport avec les écoles de Dinan (les cantines, les comités de patronage, les écoles en 14-18, des livres numérisés, les actions sur la sauvegarde du patrimoine scolaire…)
Une page avec les corrections à apporter sur le texte publié. J'en ai repéré certaines alors que le texte était déjà parti à l'imprimerie et compte sur vos observations et vos connaissances pour en signaler d'autres.

Bonne lecture !


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dimanche 18 janvier 2026

Des plans de l'école de La Garaye à Dinan en 1884. Archives nationales

Les archives Nationales détiennent un certain nombre de plans et rapports sur les écoles. C'est ainsi que l'on peut trouver en ligne des plans détaillés de l'école maternelle et de l'école primaire de la rue de La Garaye à Dinan en 1884.

Renseignements statistiques

École primaire 

La population de Dinan est alors de 9964 habitants. Différents renseignements statistiques sont portés sur un document concernant la situation de l'école publique de filles de La Garaye, dirigée alors par Mme Panaget, une soeur de La Sagesse : 3 salles de classe, dont deux au rez-de-chaussée et une à l'étage, 3 maîtresses dont la directrice, 158 inscrites, 148 présentes le jour de l'enquête, 7 ont en dessus de 13 ans. Selon les normes de l'époque d'un mètre carré par élève,169 peuvent être accueillies dans les locaux de l'école. Il existe une bibliothèque scolaire avec 158 ouvrages et un musée scolaire. Cent élèves sont aidés au niveau des fournitures scolaires.

Pour bien se repérer sur les plans de 1884, il ne faut pas oublier que l'école primaire n'occupait qu'une toute petite surface ! La maquette ci-dessous permet de voir les seuls bâtiments qui existaient à l'époque. On voit la tour qui permettait de monter à l'étage du primaire.

Maquette réalisée dans la classe de CM2 de Richard Fortat avec Céline Bénéat, architecte.

 Plan de l'école primaire

On reconnait sur le plan les deux classes (en haut), les toilettes dans la cour le long du mur de la rue de La Garaye. La tour qui permet l'accès à la classe de l'étage est figurée sur le plan. On a un préau couvert avec ses piliers et 9 arbres (des tilleuls). Un mur sépare le primaire de l'école maternelle.

Un second plan nous renseigne sur la classe à l'étage avec la tour qui permet d'y accéder. Des toilettes et une chambre se trouvent également à l'étage derrière la cloison de la classe.

Renseignements statistiques.

École maternelle

Le formulaire des statistiques demandées à la directrice par le Ministère.
Les renseignements statistiques sur la situation de l'école publique maternelle de la rue de La Garaye, dirigée alors par Félicité Chédemail, une soeur de La Sagesse, sont les suivants :
3 salles de classe, dont deux au rez-de-chaussée et une à l'étage, 3 maîtresses
dont la directrice, 314 inscrits entre les garçons et les filles, 268 présents le jour de l'enquête, 5 étrangers à la commune, 1 de nationalité étrangère. La surface totale est de 356 mètres carrés.

Plan de l'école maternelle

Les plans, dessinés sur du papier quadrillé, ont probablement été réalisés, sur la base des relevés des bâtiments, par la directrice de l'école. Ce ne sont pas, à l'évidence les plans de l'architecte. On reconnait sur le plan les deux grandes classes (en haut). Dans celle de droite on a des gradins. Au centre on a le vestibule, des toilettes, un escalier. A l'extérieur se trouve une véranda qui se prolonge par un préau ouvert des deux côtés de 69 mètres carrés, une cour de 354 mètres carrés.

La cour des filles est séparée de celle des garçons par un mur. Au bout du préau (54 mètres carrés) se trouvent les toilettes (en bas de l'image). Dans la cour des garçons on dénombre 15 arbres.

Ce dernier plan montre la configuration de la classe qui se situe à l'étage, au milieu du bâtiment.

Sources

Archives nationales. Ministère de l’Instruction publique. Enquête sur la situation des écoles. Canton de Dinan F/17/*/2818. Cette découverte en 2025 est à mettre au crédit d'Yvon Le Corre qui n'a pas manqué de signaler ces documents inédits des Archives nationales. 

Publication dans les forum Facebook du secteur de Dinan en janvier 2026.

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mardi 13 janvier 2026

Pendant la Révolution et jusqu'en 1833, les écoles de Dinan


Une école en 1833 rue de l'Horloge

Avant le 19ème siècle, écoles ou collèges ?

Quand on effectue des recherches sur les écoles au 18ème et au 19ème siècle, il est souvent fréquent de faire des confusions entre les écoles et les collèges. Deux raisons principales à cela : le terme « école » peut être utilisé pour désigner un collège, de même les établissements secondaires scolarisent des élèves d'âge primaire même si ce n'est pas leur mission principale. Le terme "collège" n'a pas toujours été celui qu'on lui donne au XXe siècle. A Dinan comme dans beaucoup de villes, on a longtemps gardé le terme de collège pour désigner le lieu d'enseignement financé par la Ville qui scolarisait des enfants de la classe enfantine jusqu'à la fin du Lycée.

D'une manière similaire le terme "l'école» de Dinan, est déjà mentionnée en 1435 dans les Comptes du Duché de Bretagne en 1435-1436 : "Aux enffans de l'escolle du dit lieu de Dinam, du don de mondit seigneur, à la feste de saint Nicollas derreine passée, 1 escu". Cela signifie que le duc verse 1 écu à la Saint Nicolas pour l'école de Dinan en 1435. Il s'agit d'un compte de dépenses pour l'année citée. (0)

En 1517, un aveu (déclaration fiscale sur l’honneur) situe une maison à l’angle de la rue où se trouve l’école.

En 1534 et 1570 dans des archives d'Ille-et-Vilaine, l'école désigne un établissement qu'on appellerait aujourd'hui d'enseignement secondaire. En 1570, un litige avec la paroisse Saint-Malo qui conteste l’utilisation par la Ville de la maison de la rue de l’Ecolle. La ville gagne un procès intenté par le prieur de Saint-Malo de Dinan, François de Saint-Cyr. Moyennant deux cents livres, la Ville devient propriétaire d’une maison rue de l’écolle (sic). La rue de l’Ecolle, avec deux l à l’origine : « Avons ordonné que ladite maison demeurera propre aux habitants pour y tenir l’école des enfants de la ville ».(1)  

Dans un autre document très ancien des registres paroissiaux, on parle de l'un des professeurs, « maistre Jehan David..., parouessien de Plouasne » qui meurt en 1570. Il est qualifié dans son acte de décès de « régent de l'Escolle de Dinan ». (2)

Cet établissement, proche de la porte St Malo, a donné son nom à la rue de l'Ecole. (3) La communauté de Ville, constatant que la maison d’école est trop petite va louer la maison voisine. Celle-ci appartient au couvent des Cordeliers mais ceux-ci sont, ne sont que « propriétaires bailleurs ». Ils n’ont absolument aucun rôle ni aucune responsabilité dans l’école de la ville, son financement, son organisation, son quotidien.

Cet établissement va chercher un nouveau lieu entre 1760 et 1770

Le 27 avril 1775, Mgr Des Laurents, évêque de St Malo, 27 avril 1775, propose à la Ville de lui vendre le couvent pour qu’elle y installe son collège. Mais le coût est jugé par le conseil de Ville trop élevé. Le 4 mai 1775, la communauté de Ville délibérant « sur l'utilité, commodité ou incommodité du projet d'établissement du collège, dans ladite maison de la Victoire », approuve les démarches faites auprès de Mgr Des Laurents pour l’installation du collège rue de Léhon. Mais elle y met une condition, que le Collège « ne puisse être confié à aucuns ordres ni congrégations régulières ».
En 1776, un accord est trouvé est la décision est prise d’installer le collège, financé par la Ville. L’Évêque obtient un droit de regard sur les nominations des régents.
Il obtient aussi que le collège porte son nom : "Collège Des Laurents".(4)  Là aussi, le terme « école » est utilisé au même titre que « collège ». On parle également d' "école secondaire".  Des classes de septième et huitième figurent à différentes époques dans l'organisation du collège (5) mais avec un effectif global réduit. On leur confère malgré tout une réelle importance. (6) 

On peut remarquer aussi qu'en 1773, l'école de Dinan (le Collège) s'est installée au 1 rue de la Ferronnerie, dans la maison du père de Charles Duclos-Pinot. Mais de nombreuses initiatives individuelles vont se développer indépendamment des collèges, nous nous attacherons à suivre avant tout leur histoire. C'est celle de l'enseignement primaire à Dinan.

Les écoles pendant la période révolutionnaire

1802, 29 Pluviose an 10, registre municipal page 32. Archives mairie

On sait peu de choses sur l'organisation des écoles à Dinan pendant la période de la Révolution. Dans ces années de grands bouleversements, la loi du 17 novembre 1794 donne la possibilité de fonder des écoles particulières.

Un sujet pose problème : la rémunération des maîtres. Dans un premier temps elle est assurée par la République mais rapidement et faute de moyens, on apprend que les deux instituteurs des écoles primaires de Dinan ne reçoivent plus de traitement depuis le 1er vendémiaire de l'an IV (23 septembre 1795). C'est l'application de la loi Daumou. Les instituteurs n'ont pour seules ressources que le logement gratuit et l'argent  versé par les familles qui le peuvent. Cette situation prive les enfants pauvres de leçons gratuites et donc de toute instruction. Nous avons aussi quelques descriptions de la participation des écoliers de Dinan pour les célébrations des nouvelles fêtes dans cette période bien particulière. Lors de la fête de la République (an VI), dans le cortège qui défile dans les rues avant de se rendre place de la liberté (du Champ) et de la Concorde (place St Sauveur), on voit les "instituteurs à la tête de leurs élèves tenant en main des rameaux de chêne . A la fête de la souveraineté du peuple an VII, deux élèves du collège portent des bannières décorées de guirlandes, de verdure et de rubans aux trois couleurs et avec des élèves de l'école primaire, ils entourent un ancien militaire chargé de porter les tables de la Constitution. A la fête des vieillards, trois enfants de l'école primaire doivent aller décorer de feuillages la porte des vieillards désignés. (7)

5 mai 1806. Indemnités des instituteurs. Archives mairie

5 mai 1806. Archives mairie

12 mai 1807. Archives mairie

 

L'enseignement primaire à Dinan. 1808-1831

Nous avons à Dinan en 1808, l'école des frères Lamennais  qui est en activité, elle sera reconnue en 1819. (9)  

De leur côté,  les sœurs de la Sagesse sont installées depuis 1750-1751 mais sont surtout occupées par  leurs oeuvres charitables et leur premier asile de l'enfance n'ouvrira qu'en 1843 (au numéro 34 de la rue st Charles). (10) 

En 1813, une école primaire laïque est rue de l'Horloge. Elle est dirigée par Antoine Picard et son adjoint se nomme François-Xavier Renaud. (11)   

En 1816, M.Picard est seul et enseigne à 10 élèves gratuits.(12)

16 février 1816. Délibération du conseil municipal de Dinan

En 1819, les deux instituteurs touchent 400 francs mais cette somme comprend l'indemnité logement. (13) 

En 1817, au sein de l'école ecclésiastique dirigée par l'abbé Bertier fonctionne une école primaire où on enseigne, à partir de l'alphabet, la lecture et l'écriture. (14) 

Des dossiers d'archives de la Ville, concernant les écoles de garçons nous permettent de nommer sommairement le nom des instituteurs de Dinan en 1830-1831. Il s'agit de Picard, Baudet, Leyder, Gauthier (Hamon est décédé) et les Frères.

Concernant les instituteurs dinannais, le plus ancien dont on connaisse bien l'état civil est Charles Hamon, né à Plédran en 1759 et décédé à Dinan le 11-01-1831 à l'âge de 72 ans (acte ci-dessus). Fils de Joseph Hamon et de Françoise Gicquel, il était veuf  en premier mariage de Laurence Duval et mari de Yvonne-Perrine Lesauvage.

Charles Hamon (1759-1831), instituteur à Dinan

L'autre instituteur de la même époque est Pierre Baudet né à Rethel (Ardennes) en 1763 et décédé à Dinan le 05-12-1838 à l'hospice à l'âge de 75 ans. Il était fils de Pierre et Marie-Hélène Joly et marié avec Michelle-Perrine Ripuel.

L'enseignement primaire à Dinan. 1832-1834

Nous en savons un peu plus sur le paysage scolaire en 1832. Nous avons : un collège communal rue de Léhon, un petit séminaire (les Cordeliers) avec comme directeur Julien Bertier, l'école des frères de l'Instruction chrétienne avec 360 élèves, des écoles primaires laïques, M. Gauthier avec 60 élèves au Vieux Couvent (c'est l'ancien couvent des Dominicaines connu sous l'autre nom d'Hôtel Beaumanoir, 1 rue Haute voie) et Antoine Picard, rue de l'Horloge avec 30 élèves, le pensionnat privé de Mme Desguez au n° 4 de la Grande rue, à l'Hôtel de Plouër, les dames de la Sagesse au 34 rue Saint-Charles et enfin les dames Ursulines, rue de Léhon (Mme Piriou, sœur Angèle, est la supérieure).

L'école de M. Gauthier, au Vieux Couvent (Hôtel Beaumanoir, 1 rue Haute voie)


Dans l'enquête réalisée à la demande du ministre Guizot en 1833, on apprend que 627 enfants reçoivent une instruction dans les six principales écoles de la ville, 150 viendraient des communes environnantes. (15) 

En 1834, le Conseil est assez fier d'annoncer que tous les enfants susceptibles de recevoir l'instruction primaire sont admis dans les différentes écoles de la ville comme l'avait demandé le ministre Guizot. Il faut préciser que le collège s'installe 6 ou 11 rue de l'Horloge dans la maison dite de l'ancien gouverneur (ou du Vieux gouvernement ou maison Moizan) entre 1831 et 1833. (16)   

C'est dans la maison du 11 rue de l'Horloge que s'installera l'école communale au départ du collège.

Ecole au 11 rue de l'horloge à Dinan. Photo RF

Le local n'est pas en très bon état comme en témoigne ce document « 1831. Réparation au 6 rue de l'Horloge. Maison Moisan (Ce numéro deviendra par la suite le 11 rue de l'Horloge):  « La maison de M. Moisan a été louée par la ville de Dinan le 18 mars 1831 pour l'installation provisoire de son collège pour 3 ans à partir de la Saint Jean Baptiste 1831 ; Sous les conditions suivantes qu' une somme de 300 francs serait employée la première année en réparations à la maison sur le prix du loyer de la première année et celle de cent francs seulement pour le même objet chacune des années suivantes » (archives municipales).

Mentionnons encore dans cette période ce livre de 1828 intitulé « Alphabet syllabique et français ou Méthode ingénieuse et facile pour apprendre à lire en peu de temps ». Cet ouvrage est imprimé à 1000 exemplaires par Jean-Baptiste Huart dans ses locaux de rue de l'Horloge. Il totalise plus d'une centaine de pages. Cette méthode se veut « Très utile à la jeunesse, tant pour la lecture que pour la bonne orthographe, et très soulageante pour les Instituteurs et Institutrices ». On y trouve quelques pages avec des modèles de lettres, une étude des sons, des syllabes ; des pages de prières découpées par syllabes ; dans le reste du livre il est surtout question de prières, de conseils pour avoir une vie pieuse, à la maison, à l'école en classe ou en récréation. Enfin, les aventures de Bertrand Têtu et de petits dialogues entre le maître et son élève permettent de préparer quelques séances. (17)  

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Sources

0. Document transmis par Yvon Le Corre en avril 2022. Texte page 108, (48), cliquer ici

1. Elie Gautier, « L'école des Cordeliers de Dinan »

2. Registre paroissial de Saint Malo du 8 avril 1570, cité par Bellier-Dumain « Histoire du collège »

3. Sur son emplacement a été construit vers 1900 un immeuble dans lequel s'est installé la banque Bazin puis la banque Gilbert et compagnie en 1926. D'après une note manuscrite de M.Bellier Dumaine, exemplaire offert à la Bibliothèque de Dinan, page 10)

4.« L'école des Cordeliers de Dinan » Elie Gautier, édité chez Jean Collet,  1986.

5. Annuaire des Côtes-du-Nord 1836. Nous notons que Dinan possédait l'un des six collèges du département avant la Révolution avec St Brieuc, Lannion, Tréguier, Guingamp et Plougernevel.

6. Bellier-Dumain, histoire du collège page 118. M. Joubin, principal du collège en 1838 n'hésite pas à se charger des classes l'enseignement élémentaire quand le personnel est incomplet ou insuffisant.

7. Bellier-Dumaine, histoire du collège p70, 71

8. Jacques Opportune Sergent est né à Châteaudun le 22 avril 1765. Bellier Dumaine en parle dans son histoire du Collège  page 66. Il nous dit qu'il est apprécié :  « réuni à une pratique très éclairée une théorie très profonde » archives municipales, registre de correspondances du district, 1er oct 1791. Avant son arrivée à Dinan il « avait servi comme instituteur particulier pour les mathématiques, la levée des plans et le dessin à la carte pendant cinq ans à MM les officiers du corps royal de l'artillerie, régiment de Besançon, archives nationales F.17 2835. Voir aussi l'article d'Alexis Cordier dans le Pays de Dinan 1996.

9. Histoire et panorama d'un beau pays, Bertrand Robidou.

10. Chalopin Michel. L'enseignement mutuel en Bretagne de 1815 à 1850, page 84 ... Par contre, à Rennes, beaucoup plus tôt, en 1807 elles avaient acquis une maison d'éducation et scolarisaient  72 filles en 1816.

11. Archives départementales 1T56).

12. Archives mairie, délibérations du Conseil, 16 février.

13. Archives mairie, délibérations du Conseil, 15 mai). 

14. Rapport de l'inspecteur d'Académie, archives nationales E.17H 4385, cité par Bellier Dumaine p 90

15. Conseil municipal du 26 décembre 1833.

16. Histoire du collège, Roger Faure

17. Disponible pour consultation à partir du site Galica de la Bibliothèque Nationale de France

Pour en savoir plus : 3 dossiers

1. Accès aux documents des archives municipales de Dinan sur les premières écoles laïques de 1802 à 1819, cliquer ici

2. Jusqu'en 1833, peu de renseignements sur les instituteurs mais le plus ancien dont on connaisse bien l'état civil est Charles Hamon, né à Plédran en 1759 et décédé à Dinan le 11-01-1831 à l'âge de 72 ans. Fils de Joseph Hamon et de Françoise Gicquel. Il était veuf  en premier mariage de Laurence Duval et mari de Yvonne-Perrine Lesauvage.

Lien pour consulter un document de l'état civil de Dinan sur Charles Hamon, cliquer ici
3. L'autre instituteur de la même époque est Pierre Baudet né à Rethel (Ardennes) en 1763 et décédé à Dinan le 05-12-1838 à l'hospice à l'âge de 75 ans. Il était fils de Pierre et Marie-Hélène Joly et marié avec Michelle-Perrine Ripuel.

Lien pour consulter un document de l'état civil de Dinan sur Pierre Baudet, cliquer ici


En 1830, M.Gauthier dirige une école dans le Vieux Couvent (Hôtel Beaumanoir) Dinan (photo R.Fortat)

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