vendredi 18 septembre 2026

Marie Le Corguillé (1915-2017), institutrice puis directrice de l'école de La Garaye 1956-1971

Marie Eugénie Guillemette Le Corguillé est née le 6 septembre 1915 à La Corne en Maroué (22). Son père était facteur et sa mère ménagère. A noter qu'au moment de sa déclaration de naissance, un témoin est Célestin Frélicot, instituteur en retraite. Marie Le Corguillé ne sera jamais mariée mais elle prendra entièrement à sa charge son neveu Alain né le 18 septembre 1944 à Lamballe (décédé le 11 novembre 2000 à Toulon).
Études et formation
Après être allée à l'école de Maroué, elle poursuit ses études à l'école primaire supérieure de Lamballe. Elle y obtient son Brevet élémentaire en juillet 1934. Elle effectue ensuite sa formation professionnelle à l’École normale de Saint-Brieuc dans la promotion 1934-1937. Elle choisit comme épreuve à option "économie domestique". Au moment de sa formation, son père est décédé et sa mère, ménagère, élève seule deux enfants. C'est une situation des plus modestes.
Les professeurs de l'école normale rédigent différentes appréciations en fin de cursus : "Élève à l'esprit un peu lent mais juste et capable de bien faire grâce à un travail assidu et régulier, très appliquée." Un autre professeur est plus positif : "Élève très attentive qui a beaucoup de connaissances." Et enfin : "Esprit sérieux, réfléchi, attentif, travail inégal dans les résultats ; réussit parfois très bien. esprit riche mais un peu confus... une tendance à trop parler et trop vite." Elle n'obtient pas son Brevet supérieur la première année où elle le passe en 1937 mais elle est reçue en 1938.
Les débuts dans l'enseignement
1938 Dossier administratif Archives 22

Elle obtient un premier poste à Ploërec-la-Tourelle où elle exerce comme intérimaire de 1937 à 1939. C'est là qu'elle passe son C.A.P en 1938 devant l'inspecteur M. Bourguignon et M. Simon, instituteur à Plélan et Mme Simon. Elle obtient 10 sur 20 à l'épreuve pratique et à l'épreuve orale.
Ensuite, ses principaux postes occupés sont :
Pleven en tant qu'ajointe : 1939-1946 ; Calorgen : 1946-1950 ; Lancieux, en tant que directrice : 1950-1956. Ceux qui l'ont connue savent que Marie Le Corguillé avait beaucoup de rigueur, parfois un peu trop et l'inspecteur l'avait bien pointé dans son inspection en mai 1955 : "Travailleuse obstinée, attentive aux résultats, Mlle Le Corguillé a cependant tempéré son insistance par plus de douceur et de libéralisme. Ses élèves ont plus confiantes et s'expriment plus volontiers, et l'oeuvre accomplie est de celles qui attirent à l'école de sérieuses sympathies."
 A l'école de La Garaye de Dinan 1956-1964
Après avoir eu le poste de direction de l'école des Filles à Lancieux pendant six années, Marie Le Corguillé arrive à l'école de La Garaye à Dinan en 1956. Elle y exerce tout d'abord de 1956 à 1964 comme adjointe. A cette époque, elle a pris également en charge le secrétariat de l'oeuvre des Pupilles de l'école publique.
L'inspecteur vient la visiter dans sa classe lors de sa première année scolaire. Le 23 janvier 1957, il y a 34 élèves présentes sur 39 dans la classe de Cours moyen 1 et 2 de Marie Le Corguillé. L'inspecteur admet que c'est une lourde classe avec, de plus, des élèves en difficultés. "La classe est nette, ordonnée, décorée avec goût." L'inspecteur met en garde l'institutrice sur le risque d'aller trop vite : "Je lui recommande d'être plus patiente et moins dogmatique." Mais il tempère son jugement : "C'est là un conseil important mais qui ne saurait porter préjudice à la considération en laquelle je tiens une institutrice des plus dévouées".
 

En mars 1960, 26 filles en CM2, "La classe est pauvre mais tenue avec goût", 150 élèves dans l'école pour 5 classes. L'appréciation générale de l'inspecteur est élogieuse : "J'estime en elle une institutrice laborieuse, méthodique, scrupuleuse. Elle présente chaque année dans la classe de 6e du Collège un contingent de fillettes qui lui font honneur..."
 
Le 5 février 1963 dans une classe de CE2-CM1, 26 filles présentes sur 30 inscrites. La classe est située en contre-bas du parking de la rue Hélène Boucher.
Les conditions ne sont pas idéales mais l'institutrice fait de petits miracles : "Grâce à ses soins (ordre, propreté), grâce à son sens de l'organisation, et de la décoration, Mlle Le Corguillé a su rendre agréable, accueillante même, une "cave", dépendance de fortune, d'une école elle même vétuste, inadaptée et sans confort." En conclusion l'inspecteur va louer les qualités de Mlle Le Corguillé qui sont son "dévouement discret", son "tact" et son "intelligence". Et "ses élèves profitent d'un enseignement bien compris."
 

Directrice à l'école de La Garaye 1964 à 1971 
Dossier personnel 1T1540 Archives 22

Marie Le Corguillé exerce ensuite comme directrice en remplacement de Mme Joséphine Simon, partie en retraite. Et dans cette fonction, elle va avoir de nombreuses questions matérielles à régler avec le maire de l'époque M. Yves Blanchot car l'école n'était pas en bon état, c'est le moins que l'on puisse dire ! Elle défendait son école avec opiniâtreté, ne cédant rien sur les conditions matérielles et de sécurité pour le bien être des enfants, de ses collègues et du personnel...
En 1968, le bulletin d’information municipal dresse l’état de l’école de La Garaye : « L’âge vénérable des bâtiments explique leur état de vétusté : tour et escaliers branlants, murs disjoints, plafonds lézardés, percés même, fenêtres d’une extrême fragilité, etc.
Bien qu’en très mauvais état, avec des locaux peu accueillants, l’école est prospère, elle compte un effectif de 139 élèves pour l’année 1967-1968 ; 5 classes reçoivent le fillettes depuis le cours préparatoire jusqu’à la classe de fin d’études primaires ; on prépare l’entrée en sixième, l’entrée en C.E.T et le C.E.P ; le recrutement se fait principalement dans les cités de Saint-Charles, Clos Fleuri, Clos Niquet, Clos Basnier, Clair Logis
;  l’école va recevoir le téléphone. »
Mlle Le Corguillé n'oubliait pas d'ajouter que les femmes de service de l'école maternelle étaient obligées de venir la chercher car il n'y avait qu'un téléphone fixe entre la maternelle et le primaire !
 
M. Blanchot, maire de Dinan
Marie Le Corguillé habitait en ville au 10 rue du Sergent-Gombault. Elle part en retraite en juillet 1971 et c'est Jeannine Koskas qui prendra sa suite à la direction de l'école en septembre 1971. Mlle Le Corguillé habitera  rue de la Poissonnerie jusqu'au moment d'aller en maison de retraite. On peut dire qu'elle aura consacré l'essentiel de son temps à ses élèves.

Témoignages en 2026
Suite à la publication de cet article en avril 2026 sur les réseaux sociaux de Dinan, plusieurs témoignages vous sont parvenus. "C'est une personne qui m'a beaucoup marquée, c'était une belle personne. Je me souviens de la leçon de chant du mardi après-midi diffusée à la radio et qui commençait par des vocalises." Catherine Burger.
"Adorable personne, toujours avec ses petits chapeaux ... Je garde un très bon souvenir d'elle". Dominique Harel.
"Mlle Le Corguille était une institutrice, directrice et femme stricte mais très humaine . J'en garde un très bon souvenir". Michelle Cabrol
"J'ai été son élève. Je me souviens du 23 janvier 1957, le jour de l'inspection où M. Laurent était resté assis dans le fond de la classe. Je me souviens d'elle comme une institutrice sévère et n'en garde pas un bon souvenir". Yvette Lebreton
 
Une photo. 1965
La photo ci-dessous est prise en 1965 sur les Petits-fossés au moment d'une fête scolaire. C'est le stand de pêche à ligne. On y reconnait Mlle Le Corguillé au milieu avec ses collèges de La Garaye, Mme Priser, Mme Lefort et Mme Yvergniaux à droite.
  
Le retour de Mlle Le Corguillé à l'école en 2017
Mademoiselle Le Corguillé (comme on l'appelait) s'est éteinte à Dinan le 17 novembre 2017, à l'âge de 102 ans mais nous lui avions organisé une visite surprise de son ancienne école en 2015 pour ses 100 ans. Ce jour-là, quand elle est sortie de sa maison de retraite de Dinan avec son animatrice et ses deux amies Mme Lorre et Mme Priser, elle ne savait pas du tout où elle allait... Elle avait dit un jour que ça lui ferait très plaisir de passer une matinée à l'école de la Garaye et ce n'était pas si difficile de concrétiser ce souhait... 
Au moment de son inhumation, Mme Lorre (présente sur cette photo ci-dessous à côté du directeur Renaud Nélou et de Mme Priser) a lu au cimetière le portrait qui avait été fait d'elle dans le livre sur l'école de la Garaye.

Mlle Le Corguillé, Mme Priser, Mme Lorre et Renaud Nelou le 16 septembre à la Garaye


Le Petit bleu a repris cette information en bonne place dans son édition du 24 septembre

Remarque, dans l'article du Petit Bleu, le terme "ancien directeur" fait peut-être référence au fait que j'ai assuré cette fonction quelques mois ? !  Richard Fortat...

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Liens 
L'histoire de l'école de La Garaye, cliquer ici

Sources

J'avais eu un entretien chez elle, rue de la Poissonnerie en 2006 avant la sortie du livre La Garaye, une école à Dinan (ouvrage toujours disponible pour 21 euros à la Bibliothèque de Dinan). Elle avait alors 91 ans. La discussion n'avait pas été simple car elle refusait de se mettre en avant. Elle pensait que raconter ce qu'elle avait pu faire était de la prétention... En plus, elle ne voulait pas critiquer la municipalité de son époque... Des personnes d'une telle discrétion et d'une telle modestie sont rares !

Registre des naissances de Maroué 1915, archives départementales, vue 12, cliquer ici 

Dossier personnel aux archives 22, cote 1T1540

Fiche sur Généanet, cliquer ici

Archives de l'école de La Garaye

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Documents

 
1937. Fin d'école normale de Saint-Brieuc, appréciation de la directrice.

1938

1939




 



jeudi 20 août 2026

Madeleine Hesry, née Olivier (1913-2018), institutrice à l'école des garçons, au collège de Garçons et de Filles à Dinan

Madeleine Olivier est née le 22 mars 1913 à Plourac'h dans les Côtes d'Armor. Faut-il y voir un signe du destin, le second témoin est Claude Le Gall, l'instituteur de la commune de Plourac'h...

Registre des naissances Plourac'h. 1913 vue 13. Archives 22

 

Études et premiers postes

Elle effectue sa formation à l’École normale de Saint-Brieuc d'octobre 1930 à juillet 1933. Elle est nommée à Saint-Juvat le 1er octobre 1933 et à Saint-Carné en octobre 1942. Alors qu’elle est en poste à Saint-Carné, elle se marie le 30 décembre 1938 à Dinan avec Louis Hesry, né le 21 juillet 1914 à Saint-Jacut-de-la-Mer. 

Document mis en ligne sur Généanet par Jean-Paul Robin

Louis Hesry exerce comme électricien à St Carné puis à Dinan. Au moment de leur mariage, Louis Hesry habite rue Charles Beslay à Dinan et Madeleine au 24 de la rue des Fontaines, à Dinan également. Le couple va avoir une fille, Jacqueline, mariée le 3 août 1966 avec M. Jean-Pierre Pellegrin, officier de l'Armée de terre.

Nominations à Dinan

Madeleine Hesry obtient sa nomination à l'école Honoré-le-Dû de Dinan le 28 septembre 1944 et, un an plus tard, le 6 septembre 1945 comme institutrice au Collège de garçons de Dinan. Elle est maintenue sur son poste pour l'année 46-47.

Mme Hesry devient ensuite institutrice au Collège de jeunes filles de Dinan, rue Broussais. Elle aura donc connu trois établissements différents à Dinan.

Classe de Mme Hesry en 1952-53 à Broussais.

Une vie familiale difficile
En juin 1959, Madeleine Hesry reçoit
à titre posthume pour son mari Louis Hesry, la croix de chevalier de la Légion d’honneur et la croix de guerre avec palme.
En effet, Louis Hesry est une figure de la Résistance à Dinan. Ses faits d’armes sont racontés dans l’édition du 9 juin de Ouest-France.
Le 12 avril 1944, il commandait le groupe de soldats sans uniforme qui délivrèrent deux membres de la direction FTP d’Ille-et-Vilaine détenus au sein de la prison de Dinan.

Louis Hesry, photo Généanet

Transféré à la prison Jacques-Cartier de Rennes, Louis Hesry est jugé le 30 mai et condamné à la peine de mort. Le lendemain, 31 mai 1944, il est fusillé au camp militaire de La Maltière en Saint-Jacques-de-la-Lande avec ses neuf camarades.

Hommage à Louis Héry, Résistant. 9 juin 1959 Ouest-France

Nul doute que Mme Hesry a été très affectée par le décès tragique de son mari avec qui elle aura été mariée à peine six ans.

Engagements et retraite 

En mars 1957, Mme Hesry est dans les membres fondateurs de la section dinannaise de l'A.R.C (Anciens Résistants des Côtes-du-Nord) où elle copréside la réunion à la Mairie. M. Touin sera désigné comme président de la section. (Information Ouest-France du 27 mai 1957)

Elle exerçait aussi la responsabilité de trésorière de l'Association des Parents d'élèves du Collège de Jeunes filles. En mars 1959, alors que Mme Adam, la présidente de l'association donne sa démission, elle aussi souhaite être déchargée de ses fonctions.

Madeleine Hesry est décédée le 21 janvier 2018 à Plaisir (78) à l'âge de 104 ans.


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Sources

Merci à Jean-Yves Pellerin, petit-fils de Madeleine Hesry, pour les précisions sur la généalogie familiale.

Archives départementales. Registres naissances

Archives de l'école Honoré-le-Dû, registre du personnel

Site Le Maitron, fiche Louis Hesry, ici

Site Généanet, fiche Madeleine Olivier, ici

Échanges avec Jeannine Hesry, site Généanet

Site deces-en-france.fr 

Archives de Ouest-France.

Article dans ce blog sur l'histoire de l'école Broussais, cliquer ici


Pour en savoir plus 
 
Lire Le Pays de Dinan 2022, un article intitulé "Aux sources du collège Broussais de Dinan". Richard Fortat

Lien pour accéder au site "Copains d'avant" Ecole Broussais Dinan, cliquer ici
 
Documents famille Hesry
 
19 mai 1934 Ouest-Eclair

12 février 1947 Ouest-France


mercredi 1 juillet 2026

Henri Yvergniaux (1899-1956), instituteur à l'école Honoré-le-Dû à Dinan 1942-1954


Henri Constant Marie Yvergniaux est né le 17 octobre 1899 à Dinan. Son père et sa mère sont débitants de boisson à Dinan. La famille habite 11 rue de Léhon.

On peut noter à partir de l'observation de l'acte de naissance que l'orthographe du nom a été changée en 1935 : on est passé de Yvergneaux à Yvergniaux.

Archives 22. Acte de naissance
Henri Yvergniaux se marie à Pontrieux le 21 août 1926 avec Marie Jaunard (1897-1957), couturière. Le couple a eu trois fils, Henri Alain Jean né le 27 janvier 1930 à Pontrieux, René Pierre le 15 juin 1931 et Alain 4 décembre 1932.

Scolarité
Le dossier 1T634 des archives de l'Ecole normale, conservé aux Archives départementales, indique qu'Henri Yvergniaux est un ancien élève de l’École Primaire Supérieure de Dinan. Le palmarès 1914-1922, de cette école, mentionne également son nom après son succès au Brevet élémentaire.
Fonds de l'amicale des anciens élèves du collège.
Il obtient son Brevet supérieur en 1918 et devient élève de l’École normale d'instituteurs à St Brieuc du 1er octobre 1915 au 15 avril 1918.
Premiers postes dans le département
A la sortie de l'Ecole normale, il doit faire une pause dans l'enseignement en raison de ses activités militaires du 17 avril 1918 au 22 mars 1921. Il prend un poste à Squifiec pour quelques mois comme stagiaire du 23 mars au 3 mai 1921 avant de refaire une période dans l'armée du 4 mai au 29 juin 1921.
Il reprend son poste à Squiffiec du 30 juin au 30 septembre 1921 avant d'être nommé à Pontrieux le 1er octobre 1921 et y restera jusqu'au 1er octobre 1942. 
C'est à Pontrieux qu'il va passer les épreuves de son C.A.P une première fois le 7 novembre 1923 où il échoue en classe de CE1. On lui reproche une leçon sur Charles Martel et "les démêlés du pape avec les Lombards" qui passent au-dessus de la tête des enfants ; une leçon de chant sans utilisation du diapason, une connaissance trop faible des avantages et inconvénients de l'utilisation de l'ardoise...
Il repasse une deuxième fois le 25 novembre 1924 et là il obtient son examen.
Nomination à Dinan 1942
Venant de Pontrieux, il est nommé provisoirement à l'école Honoré-le-Dû de Dinan le 10 août
1942, en remplacement de M. Moisan admis à la retraite. 
 
Henri Yvergniaux accepte d'ailleurs, sur demande de l'inspecteur, de laisser le bénéfice du logement de fonction d'instituteur à M. Moisan, les troupes allemandes ayant interdit à M. Moisan de se retirer dans sa maison à Erquy (zone côtière interdite alors). Cette situation durera pendant plus de deux ans et demi, jusqu'en début 1945. M. Moisan payait la différence entre le loyer du logement occupé en ville par M. Yvergniaux et l'indemnité logement perçue par l'instituteur.
En 1946, la famille Yvergniaux avait réintégré le logement de fonction comme le montre le recensement de cette année-là.
Pendant les années d'Occupation
, les rapports entre les instituteurs et le directeur de l'école  étaient très tendues. A la fin de la guerre les instituteurs, dont M. Yvergniaux, signeront un texte initié par M. Lecrubier portant des accusations graves sur les agissements et les déclarations du directeur M. Cario, fervent collaborateur d'après eux. Ils agissent "non pour se venger des abus de pouvoir, des brimades ou de l'injure", comme ils l'écrivent, "mais dans un état d'esprit de stricte justice."

Lecrubier, Roptin, Lebreton... collègues d'Henri Yvergniaux dans les années 40.
Après-guerre, M. Yvergniaux est nommé à titre définitif sur son poste à Dinan le 23 août 1945.
Les bulletins d'inspection de M.Yvergniaux
Le dossier administratif d'Henri Yvergniaux comporte une série de rapports d'inspection. Au travers de ces rapports on peut retrouver l'ambiance de cette époque et se faire une idée sur le travail qui était effectué par cet instituteur.
Première inspection le 21 décembre 1942, dans cette classe de second cycle qui intègre des élèves qui ne sont pas passés au collège. C'est un enseignement pratique, dispensé aux élèves qui utilisent les ateliers de l’École pratique après entente avec le directeur de cet établissement au sein du Collège, et aussi du jardinage. Cette classe répond aux instructions officielles d'octobre 1942... En sciences M. Yvergniaux conduit une séance sur les engrenages à partir de l'observation d'une bicyclette. L'inspecteur a trouvé que l'exposé qui suivait était "trop rapide pour les retardés et même les esprits lents."
Le 22 décembre 1944, 29 garçons seulement présents en raison de la proximité de Noël, sur les 37 inscrits dans cette classe de "scolarité prolongée." Dans l'appréciation générale on retient : "Maître très consciencieux qui exerce une forte action sur ses élèves à qui il fait réaliser de sérieux progrès grâce à un enseignement solide et vivant."
Le 21 juin 1946, 31 garçons en CE1 dont 18 ont une année de retard mais les 31 passeront en CE2 en octobre... Plus habitué aux classes de grands du Certificat d'Etudes, M. Yvergniaux a accepté de prendre cette classe de CE1 "pour aider un collègue rentrant de captivité" et doit donc encore s'y adapter.  
Le 22 octobre 1949, 29 garçons en CM1, la classe a été remise à neuf, l'inspecteur assiste à une séance de morale et à une autre de géométrie sur le tracé des lignes droites et de la circonférence, "Sujet original, non tiré du manuel, qui porte donc la marque de la personnalité du maître." Dans sa conclusion, l'inspecteur écrit : "Bon orateur, mais instituteur expérimenté, familier, M. Yvergniaux sait guider progressivement ses élèves dans un travail qui leur donne une solide instruction."
Le 29 janvier 1951, 23 élèves dans la classe de CM1 de M. Yvergniaux. L'inspecteur est conciliant car il connait personnellement les soucis de santé de l'instituteur...
Le 18 janvier 1953, M. Yvergniaux est inspecté dans sa classe de CM1. L'inspecteur pointe également l'implication depuis des années de M. Yvergniaux dans la section cantonale des pupilles de l'enseignement public dont il est le trésorier, ce qui est une "lourde responsabilité et une tache particulièrement difficile lors des Fêtes de la jeunesse."

Récompenses et retraite

M. Yvergniaux reçoit la Médaille de bronze de l'instruction publique et Officier d'académie en 1949. 

Henri Yvergniaux ne profitera pas longtemps de sa retraite car il décède le 5 mai 1956 à Dinan à l'âge de 57 ans. Son épouse le suivra peu de temps après, en 1957.
7 mai 1956 Ouest-France
 
20 novembre 1957 Ouest-France

Les enfants d'Henri et Marie Yvergniaux
Henri Yvergniaux (fils) s'est marié à Dinan en 1955 avec Annick Guézennec, professeur d'enseignement ménager à Dinan. Il est devenu professeur de dessin en 1952, à Dinan puis à Lamballe et il a fait une carrière dans la peinture (cliquer ici).
Henri Yvergniaux. 20 octobre 2012 Ouest-France
René Yvergniaux est devenu instituteur, Il s'est marié en juin 1954 avec Colette Buan, institutrice qui exercera à l'école primaire de La Garaye à Dinan de 1961 à 1971. René Yvergniaux est décédé en octobre 2020.
23 juin 1954 Ouest-France
Colette Yvergniaux à La Garaye
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Sources

Archives de l'école Honoré-le-Dû

Archives 22 : Dossier de l'école normale 1T734. Recensement 1946. Dossier administratif 1T1641.

Archives 22, Acte de naissance 1899 Dinan, image 123 sur 254, ici

Archives en ligne de Ouest-France.

Fiche sur Généanet en cliquant ici

 Liens 

L'histoire de l'école Honoré-le-Dû de Dinan, cliquer ici

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Documents

Documents numérisés aux Archives départementales en avril 2026 par Richard Fortat

 



Lettre manuscrite de Henri Yvergniaux 1944

Archives 22 Dossier de l'école normale de Saint-Brieuc 1T734