vendredi 27 mars 2026

Eugénie Bucaille (1885-1964), née Le Tynévez, institutrice à l'école Chauffepieds de Dinan 1904-1909


Eugénie Jeanne Le Tynévez est née le 10 avril 1885 à Saint-Gilles-les-Bois (22). Son père, Jean-François Le Tynévez (1856-1924) est instituteur et sa mère "rentière".

Registre naissance 1885 avec mentions de décès.
Elle s'est mariée le 19 juillet 1913 dans le 7e arrondissement de Paris avec Alexandre Bucaille (1889-1914), professeur.

Scolarité 

On ne sait pas où elle effectue sa scolarité primaire par contre on sait qu'elle fait partie de la promotion 1901-1904 de l’École Normale de Saint-Brieuc. Son dossier de fin d'études nous donne des renseignements très précis sur sa personnalité et ses qualités. Ainsi la directrice de l’École Normale écrit le 3 juillet 1904 : "Mlle Le Tynévez a une physionomie un peu masculine, mais sa tenue est excellente, et c'est une jeune fille bien élevée. C'est un esprit vigoureux, positif, plutôt que fin. Elle a été une élève appliquée et consciencieuse. Mlle Le Tynévez connaît le breton, est habile aux ouvrages féminins, et est bonne musicienne, ce qui est très rare. Elle serait très bien dans une ville. Elle est classée dans le groupe des très bonnes élèves, au 4e rang sur 25."


Premier poste

Tout juste sortie de l’École Normale, Eugénie Le Tynévez est nommée comme stagiaire à Lanvollon le 12 septembre 1904.

Nomination à Dinan Chauffepieds. 1904-1909

Le 9 novembre 1904, Eugénie Le Tynévez a quitté son poste à Lanvollon et elle prend ses fonctions comme adjointe stagiaire à l'école de Filles de Chauffepieds à Dinan.


Inspections

L'inspecteur vient la visiter le 6 février 1904, elle a 19 ans et tout juste deux années d'ancienneté : "Jeune débutante qui enseigne une méthode très active, très consciencieuse, elle dirige bien sa classe et obtient des résultats très appréciables. Il y a de réels progrès en lecture, en calcul même... Est très aimée de ses élèves. Excellente. A d'excellents rapports avec sa directrice, ce qui dénote chez elle un caractère malléable." Et en conclusion : "Mlle Le Tynévez est une institutrice d'avenir. Intelligente, très travailleuse, elle s'exprime avec aisance et correction. C'est très bien."

L'inspecteur revient dans sa classe la visiter les 8 et 9 janvier 1906 : "Institutrice ayant déjà une bonne valeur professionnelle. Enseigne avec ordre, méthode et apporte beaucoup de vie dans sa classe. Les résultats obtenus sont très satisfaisants notamment en français, histoire, géographie..." L'inspecteur note qu'elle est musicienne. La conclusion est toujours très positive : "Institutrice très consciencieuse, très zélée ; avec l'expérience deviendra une de nos bonnes institutrices, très bonne même."

Le 29 décembre 1906, Mlle Le Tynévez quitte son poste de Chauffepieds comme l'atteste un courrier de l'Inspecteur d'académie adressé au Maire de Dinan, indiquant que Mlle Gabrielle Léost est nommée "en remplacement de Mlle Le Tynévez". En 1907, une source administrative indique qu'elle est en poste à Trélat-Taden...

Le 10 mars 1908, Mlle Le Tynévez fait son retour puisqu'elle est de nouveau nommée à Dinan, à titre provisoire à l'école Chauffepieds, en remplacement de Mlle Kérivoal.

Mais elle ne va pas rester toute l'année scolaire à Dinan puisque c'est dans une classe de l'école de filles de Guingamp (Château) qu'on lui délivre son Certificat d'Aptitude Pédagogique le 15 juillet 1908. Elle obtient un très bon 14 sur 20 à l'épreuve pratique. 

Un cahier corrigé par Mlle Le Tynévez


Gabrielle Brasset (mère d'Eugène Doublet) est née le 18 mai 1896. Elle est élève à l’école des filles de Chauffepieds et commence le 25 avril 1906 son nouveau cahier de devoirs mensuels. Ses compositions sont notées successivement par les institutrices de l’époque qui n’hésitent à porter quelques commentaires, parfois  sévères, alors que Gabrielle est une bonne élève. C'est ainsi que  Mlle Le Tynévez écrit à propos d’une superbe page d’écriture : « La grosse cursive est un peu trop appuyée. 4pts ½ sur 10 ». Ce cahier comporte plusieurs mentions de Mlle Le Tinévez...

Appréciations en rouge de Mlle Le Tynévez


Mlle Le Tynévez dans la presse de l'époque

Le journal l'Union Libérale, dans son édition du 3 août 1905, évoque la distribution des Prix qui se tient alors au Casino (devenu plus tard Le Théâtre) : "Pendant la cérémonie des jeunes filles sous la direction de Mlle Le Tynévez se sont fait entendre, L'Hymne à la Liberté, Les Oiseaux voyageurs ont été merveilleusement exécutés." Cela confirme les talents musicaux de l'institutrice...

Les différentes nominations dans sa carrière après 1910.

D'après son dossier administratif, Eugénie Bucaille a beaucoup circulé en France après 1910, ce qui est rare dans l'enseignement primaire où on ne sort pratiquement pas de son département. Mais Eugénie Le Tynévez n'a pas un destin commun ! Après avoir pris un congé pour convenances personnelles d'octobre 1910 à fin septembre 1913 (année de son mariage et où elle habite à Paris), elle est nommée à Clamecy dans la Nièvre en 1913. C'est en 1914 que survient un vrai drame puisque une année seulement après son mariage, le caporal Alexandre Bucaille, décède le 22 août 1914 à Signeulx, dans la commune belge de Mousson en Wallonie, au Luxembourg. Il meurt au combat à l'âge de 24 ans, alors qu'il est engagé sur le front avec le 4e régiment d'infanterie (4e RI). 

Site Mémoire des Hommes.

Eugénie change d'affectation, quitte la Nièvre et rejoint la commune de Mamers dans la Sarthe en 1915 et celle de Carhaix dans le Finistère un peu plus tard en 1915 toujours. Elle y restera jusqu'en 1940. On peut noter que lorsqu'elle était institutrice à Carhaix, elle a été décorée des Palmes académiques en 1934. Elle enseignait à l'Ecole Primaire supérieure. Elle fera valoir ses droits à la retraite à la fin de l'année scolaire 1939-1940. Au moment de sa demande de retraite en 1940 elle habitait au 13 rue de la Tour d'Auvergne à Carhaix (29), une maison remarquable signalée à l'inventaire du patrimoine.

Maison occupée par Eugénie Bucaille en 1940

Eugénie Bucaille est décédée le 18 décembre 1964 à Orvault, en Loire-Atlantique, à l'âge de 79 ans. Le quotidien Presse-Océan a publié un avis d'obsèques le 19 décembre indiquant que madame veuve Alexandre Bucaille, professeur retraitée, était décédée en sa 89e année au Foyer des Cheveux Blancs, La Garenne à Orvault. La cérémonie religieuse a eu lieu à l'église d'Orvault.


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Le 12 mars 2026, suite à la publication de cet article, Alain Goret, parent très éloigné d'Eugénie Le Tynévez (petit-fils d'une cousine au 8e degré d'Eugénie), a tenu à exprimer sa satisfaction : "Merci beaucoup pour tous ces renseignements précieux, une mine et un vrai trésor. Je m'empresse donc de compléter mon arbre généalogique. Félicitation pour votre travail remarquable, clair et précis, un grand bravo".

Sources

Archives départementales. Dossier personnel 1T573

Archives de l'école de La Garaye et de l'école Chauffepieds.

Acte de naissance dans les archives en ligne, registre des naissances 1885, image 38 sur 113, cliquer ici.

Fiche Généanet, ici

Palmes académiques en 1934. ( Généanet et Ouest-Eclair)

Site Généanet, ici , renseignements sur le parcours militaire d'Alexandre Bucaille :  classe 1909, matricule 605, Caporal 4ème RI. Tué à l'ennemi.

Site Mémoire des Hommes, cliquer ici

Liens 

L'histoire de l'école Chauffepieds à Dinan, cliquer ici

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Documents

Inspection 1904
 
C.A.P 1908
1904




 

 

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