Henri
Constant Marie Yvergniaux est né
le 17 octobre 1899 à Dinan. Son père et sa mère sont débitants de boisson à Dinan. La famille habite 11 rue de Léhon.
On peut noter à partir de l'observation de l'acte de naissance que l'orthographe du nom a été changée en 1935 : on est passé de Yvergneaux à Yvergniaux.
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Archives 22. Acte de naissance
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Henri Yvergniaux se marie à Pontrieux le 21 août 1926 avec Marie Jaunard (1897-1957), couturière. Le couple a eu trois
fils, Henri Alain Jean né le 27 janvier 1930 à Pontrieux, René Pierre le 15 juin 1931 et Alain 4 décembre
1932.
Scolarité
Le dossier 1T634 des archives de l'Ecole normale, conservé aux Archives départementales, indique qu'Henri Yvergniaux est un ancien élève de l'Ecole Primaire Supérieure de Dinan.
Il obtient son Brevet supérieur en 1918 et devient élève de l’École normale d'instituteurs à St Brieuc du
1er octobre 1915 au 15 avril 1918.
Premiers postes dans le département
A la sortie de l'Ecole normale, il doit faire une pause dans l'enseignement en raison de ses activités militaires du 17 avril 1918 au 22 mars 1921. Il prend un poste à Squifiec pour quelques mois comme stagiaire du 23 mars au 3 mai 1921 avant de refaire une période dans l'armée du 4 mai au 29 juin 1921.
Il reprend son poste à Squiffiec du 30 juin au 30 septembre 1921 avant d'être nommé à Pontrieux le 1er octobre
1921 et y restera jusqu'au 1er octobre 1942. C'est à Pontrieux qu'il va passer les épreuves de son C.A.P une première fois le 7 novembre 1923 où il échoue en classe de CE1. On lui reproche une leçon sur Charles Martel et "les démêlés du pape avec les Lombards" qui passent au-dessus de la tête des enfants ; une leçon de chant sans utilisation du diapason, une connaissance trop faible des avantages et inconvénients de l'utilisation de l'ardoise...
Il repasse une deuxième fois le 25 novembre 1924 et là il obtient son examen.
Nomination à Dinan 1942
Venant de Pontrieux, il est nommé provisoirement à l'école Honoré-le-Dû de Dinan le 10 août 1942, en remplacement de M. Moisan admis à la retraite. Henri Yvergniaux accepte d'ailleurs, sur demande de l'inspecteur, de laisser le bénéfice du logement de fonction d'instituteur à M. Moisan, les troupes allemandes ayant interdit à M. Moisan de se retirer dans sa maison à Erquy (zone côtière interdite alors). Cette situation durera pendant plus de deux ans et demi, jusqu'en début 1945. M. Moisan payait la différence entre le loyer du logement occupé en ville par M. Yvergniaux et l'indemnité logement perçue par l'instituteur.
En 1946, la famille Yvergniaux avait réintégré le logement de fonction comme le montre le recensement de cette année-là.
Pendant les années d'Occupation, les rapports entre les instituteurs et le directeur de l'école étaient très tendues. A la fin de la guerre les instituteurs, dont M. Yvergniaux, signeront un texte initié par M. Lecrubier portant des accusations graves sur les agissements et les déclarations du directeur M. Cario, fervent collaborateur d'après eux. Ils agissent "non pour se venger des abus de pouvoir, des brimades ou de l'injure", comme ils l'écrivent, "mais dans un état d'esprit de stricte justice."  |
Lecrubier, Roptin, Lebreton... collègues d'Henri Yvergniaux dans les années 40.
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Après-guerre, M. Yvergniaux est nommé à titre définitif sur son poste à Dinan le 23 août 1945.
Les bulletins d'inspection de M. Le dossier administratif d'Henri Yvergniaux comporte une série de rapports d'inspection. Au travers de ces rapports on peut retrouver l'ambiance de cette époque et se faire une idée sur le travail qui était effectué par cet instituteur.
Première inspection le 21 décembre 1942, dans cette classe de second cycle qui intègre des élèves qui ne sont pas passés au collège. C'est un enseignement pratique, dispensé aux élèves qui utilisent les ateliers de l’École pratique après entente avec le directeur de cet établissement au sein du Collège, et aussi du jardinage. Cette classe répond aux instructions officielles d'octobre 1942... En sciences M. Yvergniaux conduit une séance sur les engrenages à partir de l'observation d'une bicyclette. L'inspecteur a trouvé que l'exposé qui suivait était "trop rapide pour les retardés et même les esprits lents."
Le 22 décembre 1944, 29 garçons seulement présents en raison de la proximité de Noël, sur les 37 inscrits dans cette classe de "scolarité prolongée." Dans l'appréciation générale on retient : "Maître très consciencieux qui exerce une forte action sur ses élèves à qui il fait réaliser de sérieux progrès grâce à un enseignement solide et vivant."
Le 21 juin 1946, 31 garçons en CE1 dont 18 ont une année de retard mais les 31 passeront en CE2 en octobre... Plus habitué aux classes de grands du Certificat d'Etudes, M. Yvergniaux a accepté de prendre cette classe de CE1 "pour aider un collègue rentrant de captivité" et doit donc encore s'y adapter.
Le 22 octobre 1949, 29 garçons en CM1, la classe a été remise à neuf, l'inspecteur assiste à une séance de morale et à une autre de géométrie sur le tracé des lignes droites et de la circonférence, "Sujet original, non tiré du manuel, qui porte donc la marque de la personnalité du maître." Dans sa conclusion, l'inspecteur écrit : "Bon orateur, mais instituteur expérimenté, familier, M. Yvergniaux sait guider progressivement ses élèves dans un travail qui leur donne une solide instruction."
Le 29 janvier 1951, 23 élèves dans la classe de CM1 de M. Yvergniaux. L'inspecteur est conciliant car il connait personnellement les soucis de santé de l'instituteur...
Le 18 janvier 1953, M. Yvergniaux est inspecté dans sa classe de CM1. L'inspecteur pointe également l'implication depuis des années de M. Yvergniaux dans la section cantonale des pupilles de l'enseignement public dont il est le trésorier, ce qui est une "lourde responsabilité et une tache particulièrement difficile lors des Fêtes de la jeunesse."
Récompenses et retraite
M. Yvergniaux reçoit la Médaille de bronze de l'instruction publique et Officier d'académie en 1949. Henri Yvergniaux ne profitera pas longtemps de sa retraite car il décède le 5 mai 1956 à Dinan à l'âge de 57 ans. Son épouse le suivra peu de temps après, en 1957.
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7 mai 1956 Ouest-France
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20 novembre 1957 Ouest-France
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Les enfants d'Henri et Marie Yvergniaux
Henri Yvergniaux (fils) s'est marié à Dinan en 1955 avec Annick Guézennec, professeur d'enseignement ménager à Dinan. Il est devenu professeur de dessin en 1952, à Dinan puis à Lamballe et
il a fait une carrière dans la peinture (cliquer ici). René Yvergniaux est devenu instituteur, Il s'est marié en juin 1954 avec Colette Buan, institutrice qui exercera à l'école primaire de La Garaye à Dinan de 1961 à 1971.
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23 juin 1954 Ouest-France
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Colette Yvergniaux à La Garaye
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Sources
Archives de l'école Honoré-le-Dû
Archives 22 : Dossier de l'école normale 1T734. Recensement 1946. Dossier administratif 1T1641.
Archives 22, Acte de naissance 1899 Dinan, image 123 sur 254, ici
Archives en ligne de Ouest-France.
Fiche sur Généanet en cliquant ici
Liens
L'histoire de l'école Honoré-le-Dû de Dinan, cliquer ici
Retour au sommaire du blog des écoles de Dinan, cliquer ici
Documents
Documents numérisés aux Archives départementales en avril 2026 par Richard Fortat
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Lettre manuscrite de Henri Yvergniaux 1944
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Archives 22 Dossier de l'école normale de Saint-Brieuc 1T734
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